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Le Rapporteur spéciale signale que, pour faire passer un gazoduc à travers la forêt pluviale, l'armée a proclamé des «zones de tir à vue» dans lesquelles les soldats sont autorisés à abattre des civils. Selon les informations reçues, les populations autochtones sont forcées de travailler au défrichage de zones forestières afin de préparer le terrain à la prospection et au transport du pétrole et du gaz. Toutes les victimes seraient des Karens, certains d'entre eux ayant été expulsés de la zone du futur gazoduc vers des régions où les moyens de subsistance sont rares. ...
Le Rapporteur spécial a reçu des informations selon lesquelles les forces de sécurité de la Birmanie continuaient à tuer des civils non armés lors d'opérations anti-insurrectionnelles menées contres des groupes d'opposition armés mis sur pied par des membres de minorités ethniques; les Karens continuaient d'être particulièrement touchés par ces opérations. Des civils karens fuyant les soldats qui s'approchaient des villages étaient abattus dans le cadre de ce qui semblait être une directive ordonnant de tuer à vue quiconque s'enfuit à l'approche des forces armées de la Birmanie; d'autres ont été tués parce que les forces armées les soupçonnaient d'appuyer la KNU; enfin, on semblait tuer des villageois au hasard pour amener par la terreur la population à rompre ses liens présumés avec les soldats de la KNU.
Le Rapporteur spécial a transmis au gouvernement des dossiers concernant des assassinats commis par des membres des forces armées ... Il se dit préoccupé par les informations selon lesquelles des membres des forces armées de la Birmanie ... continuent de violer le droit à la vie de civils karens. Il prie une fois de plus le gouvernement de mener des enquêtes ...
Le rapport fait état de renseignements reçus ... en ce qui concerne les faits suivants ... des membres des minorités ethniques avaient contre leur gré servi de porteur pour l'armée et auraient été victimes de tortures ou d'autres mauvais traitements; les porteurs étaient insuffisamment nourris et soignés, et étaient frappés lorsqu'ils semblaient manquer de diligence; la situation était particulièrement grave pour les Karens ...
Les réponses fournis par le gouvernement [la Junte]... « il n'y a pas lieu de s'inquiéter, car la torture et les mauvais traitements sont interdits par la loi » ...
Le rapport du Secrétaire générale ... fait état de renseignements circonstanciés, de photographies, de bandes vidéo et de divers indices matériels observés par le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en Birmanie, qui montrent que le travail forcé, le portage forcé, la torture et les exécutions arbitraires sont des pratiques répandues dans le pays. Le Secrétaire général signale ... le fait que de nombreuses victimes appartiennent à des groupes ethniques ... et que les femmes réquisitionnées comme porteurs sont souvent victimes de sévices sexuels et de viol.
... La pratique du travail forcé est signalé dans tout le pays, y compris là où existe un accord de cessez-le-feu; une présence accrue de l'armée dans les régions frontalières a été signalée, ce qui a entraîné une recrudescence de travail forcé effectué pour les militaires à l'arrière de la ligne de front; une autre forme de travail forcé signalée a trait aux projets commerciaux de l'armée tels que rizières, étangs à pisciculture et plantations, que les paysans locaux doivent aménager et exploiter sur des terrains confisqués aux populations locales; le travail forcé serait également pratiqué dans le cadre de travaux liés à des projets à caractère touristique et à des projets d'infrastructure et de « développement » tels que la construction et l'entretien de routes, de chemins de fer, de ponts, d'aéroports et d'installations hydroélectriques.
En ce qui a trait aux violations dont sont victimes les minorités ethniques, le rapport fait état de renseignements relatifs à des attaques et de actes de pillage perpétrés par des militaires contre des établissements civils, au déplacement forcé de groupes ethniques, au travail forcé dans le cadre de projets de développement et de projets industriels, et au portage forcé dans le cadre d'opérations militaires apparemment liées à des manoeuvres menées contre les insurgés ou les personnes soupçonnées de les soutenir. Le rapport signale des allégations de violation du droit à la vie, à la liberté et à la sécurité personnelle, du droit de ne pas être soumis à des arrestations arbitraires, à la détention, à la torture et aux mauvais traitements, du droit à une procédure régulière et de la liberté de circulation. Au nombre des violations, il mentionne les déplacements forcés, le bombardement au hasard de zones habitées par des civils et les exécutions arbitraires ainsi que l'arrestation arbitraire et la torture de personnes soupçonnées d'être des « insurgés » ou des « terroristes ».
Le Rapporteur spécial conclut que rien n'a changé depuis la présentation de ses rapports à l'Assemblée générale en 1996 et à la Commission des droits de l'homme en 1997, et que le gouvernement continue d'ignorer ses recommandations.
Pour plus de détails, voir : http://www.hri.ca/fortherecord1997/bilan1997/vol3/birmanie.htm