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Lettre à envoyer à TotalFinaElf
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Monsieur Thierry Desmarest
Président Directeur Général
TotalFinaElf S.A.
2, place de la Coupole
La Défense 6
92078 Paris la Défense Cedex
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Monsieur,
Je viens d'apprendre que votre société, en coentreprise avec Unocal des Etats Unis, est exploitant du gazoduc de Yadana en Birmanie qui traverse les terres des peuples Karen et Môn.
Je vous demande de retirer vos investissements de la Birmanie, en attendant que soient
- libérés de prison et rétablis dans leurs droits les membres du gouvernement légal et démocratiquement élu de la Birmanie.
- respecté le droit à l'autodétermination des nombreuses ethnies de l'Union de la Birmanie, tel qu'il a été défini dans la Constitution de 1948.
- retiré des états Karen et Môn les unités de l'armée birmane qui sont censées sécuriser votre gazoduc
- qui utilisent hommes, femmes et enfants pour travaux forcés, non-rémunérés et sans fourniture de nourriture, et qui habituellement abattent les gens quand ils sont trop épuisés pour continuer à travailler ;
- qui volent l'argent et la nourriture à la population ;
- qui bombardent et détruisent des villages en dehors des zones de combat;
- qui systématiquement violent les femmes et parfois les abattent par la suite ;
- qui se livrent à une chasse à l'homme, abattant toute personne, homme, femme et enfant qui se trouvent dans des zones que cette «armée» a décidé de vider de sa population - afin de mieux garantir la sécurité de votre gazoduc ;
- qui abattent non seulement ceux soupçonnés de lien avec l'Union National Karen, mais aussi les membres de l'Organisation Karen des Femmes ;
- qui nettoient les champs de mines en obligeant les villageois de marcher dessus ;
- qui pratiquent systématiquement meurtre et torture sans autre but que de terroriser la population.
Je vous demande par ailleurs d'indemniser les dizaines de milliers de travailleurs forcés utilisés par l'armée comme porteurs et pour les projets d'infrastructure, y compris le «nouveau chemin de fer de la mort» ; et de verser des réparations à toute la population qui souffrent de cette présence de l'armée birmane provoquée par votre projet. C'est un peuple terrorisé qui souffrent de façon heureusement inimaginable en France, dont nombreux sont ceux qui sont traumatisés à vie par le meurtre de leur femme, leurs enfants, leur mari, leurs proches, la destruction de leur maison, leurs champs, village, église, qui vivent, parfois cachés dans la forêt, dans une peur permanente d'une mort violente et de supplices insupportables. C'est tout un monde qui s'est effondré.
Comment pouvez-vous réparer le mal qui leur à été fait ?
Je vous informe qu'en attendant votre dégagement de la Birmanie, ou un changement radical de la situation là-bas tel que préconisé ci-dessus, je n'achète plus de produits Total, Fina et Elf.
D'ailleurs, je ferai de mon mieux pour influencer mon entourage à faire de même.
La liberté et la survie d'un peuple n'ont pas de prix.
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